Andrew Flingueur dans LA CHASSE

Par Productions Katharsis
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Une nouvelle de FX Gras

***

Cela fait un jour et une nuit qu’ils sont suivis. Andrew et Legul reviennent d’une chasse difficile mais néanmoins fructueuse. Il faut le dire, chasser au revolver n’est pas aisé. Andrew a fait mouche, le cochon sauvage est mort sur le coup. Son tir était impeccable. Il a bien mérité son surnom de Flingueur.  C’est sur le chemin du retour que les deux comparses ont vu quatre silhouettes humanoïdes à l’horizon. Aucun doute, hostiles ou non, ces gens les suivent. Chargés de bidoche comme ils le sont, Andrew et son compagnon n’ont aucune envie de faire jasette avec ces gens. Un jour et une nuit à marche forcée dans les terres sauvages.

-Ton plan n’a pas fonctionné, on les a pas perdus durant la nuit. Ils ne nous lâchent pas vieux, dit Legul.

Andrew regarde son compagnon de chasse, c’est un jeune homme maigre à faire peur. Il porte uniquement un vieux manteau de cuir élimé et un jeans délavé qui tombe en lambeaux. Legul s’aide d’une lance artisanale pour marcher.  Il semble au bord de l’évanouissement, torturé par la charge qu’il transporte. Comparé à lui, Andrew,  avec sa stature imposante et son costume défraichi de vedette de rodéo, fait meilleure figure, mais à peine. Lui aussi est encombré par sa charge, il est sale et montre des signes évidents d’épuisement.

-En effet, ils doivent avoir quelqu’un qui a des notions de survie et de pistage parmi eux…

-On s’en fout, Andrew! Ils sont moins chargés que nous, ils vont nous rattraper et ce avant la fin du jour! Flingue-leur la gueule!

-Ils sont trop loin…

-Pas pour toi, j’t’ai vu à l’œuvre!

-Peut être, mais quand même, dit le flingueur, je ne peux même pas voir s’ils ont des armes à feu.

Il met sa main en visière et observe les quatre points mouvant à l’horizon.

-Si seulement nous avions acheté ces jumelles à Helltown. Ce sont des humains, l’un d’entre eux est très grand, peut-être un mutant… S’ils ont des armes, ils ne les exhibent pas.

-Flingue en un! Ça découragera les autres!

-Non, je n’ai plus assez de munitions et de toute façon, à cette distance, je risque simplement de blesser, pas de tuer…

-Pis après? dit Legul.

-Ou ils nous tireront dessus, s’ils sont armés. Pire, ça peut les déterminer à se venger. Non, on continue, on tente de les perdre à la faveur de la nuit.

-Y vont nous rattraper avant, c’est sûr, gémit le maigrichon.

-Je ne tirerai pas a cette distance Legul! Il ne reste que quatre cartouches! Ferme-la et économise tes forces, réplique sèchement Andrew. A peine ces mots prononcés qu’il s’en veut. Voila deux mois qu’ils se côtoient et le Flingeur apprécie beaucoup sa compagnie.

Les deux compagnons continuent leur pénible marche, parcourant plusieurs kilomètres dans une lande sèche et désolée. La faim les tenaille, mais ils ne prennent que le temps d’assouvir leur soif avec leur gourde. Les quatre silhouettes continuent de les suivre inlassablement. La détermination de leurs poursuivants ne semble pas fléchir, ils grugent lentement mais sûrement la distance qui les sépare du duo de chasseurs. Andrew, et surtout Legul, avancent de plus en plus péniblement. La chaleur est écrasante, les deux compagnons suent à grosse gouttes.  Le soleil est à son zénith lorsque Legul pointe vers l’Ouest.

-On coupe par là, viens, suis-moi.

-L’Ouest? répond Andrew, Ce n’est pas un territoire supposément habité par des monstres?

-Oui, la sale réputation de ce coin fera peut être changer d’avis à nos « amis ».

Andrew acquiesce, ça semble être leur meilleure chance, sinon ce sera assurément l’affrontement. Dans leur état de fatigue, à deux contre quatre, ce ne sera pas un combat mais un massacre. Le duo oblique donc plein Ouest dans les terres sauvages. Très vite, le terrain devient plus désolé, les arbustes sont de plus en plus rares. On ne voit pas âme qui vive à l’horizon, seulement quelques vautours qui survolent ce paysage désolé. Leurs poursuivants semblent hésiter un moment, puis ils leurs emboîtent le pas.

Quelques heures passent, Andrew  et Legul continuent inlassablement leur route. Le quatuor les suit toujours, mais ils restent à distance respectable des deux hommes.

-Les salauds, siffle Legul, ils vont attendre qu’on tombe de fatigue…

-Regarde! Andrew pointe du doigt une forme imprécise au sol.

Il s’agit du cadavre d’un coyote. L’animal a été partiellement dévoré par les vautours. Par contre, les parties de son corps encore intactes semblent desséchées, presque momifiées…

-Pourquoi les vautours ne l’ont pas mangé en entier, Andrew?

-Je ne sais pas. Viens, pas de temps à perdre. Tu vois ces collines au loin? Voilà notre chance de perdre nos nouveaux admirateurs…

Ils poursuivent leur route vers un trio de basses butes à la végétation rare et asséchée. Là, ils se mettent rapidement à explorer les lieux à la recherche d’un endroit pour se cacher, ou au moins préparer une embuscade. C’est Legul qui découvre une grotte. Interpellant Andrew, il sort de son sac une vielle lampe de poche qu’il secoue énergiquement.

-On entre?

-Je ne vois pas d’autre choix, c’est le meilleur endroit pour les embusquer ou rester coincé… Vas voir, Legul, je reste ici à guetter nos arrières.

Legul s’enfonce à contrecœur en braquant le faible rayon de sa torche dans les ténèbres. La fissure est étroite et ses épaules raclent les parois rocheuses. Très vite un sentiment de claustrophobie l’envahit. Il se ressaisit et reprend sa route.  Après à peine quelques mètres de douce dénivellation, il entend d’étranges sons, comme des raclements ou des petits chocs sourds et répétés. Un forte odeur musquée lui parvient aux narines. Il y a quelque chose d’invisible pour l’instant, qui grouille et qui remue en avant.  Le tunnel devient une grotte basse de plafond qui s’enfonce dans la terre. La pente qui mène a cette grotte est passablement abrupte et Legul perd presque pied. Il rétablit à la dernière seconde son équilibre et c’est tant mieux pour lui! Ça grouille de partout en bas, des dizaines de formes roulent et s’entrelacent en grappe étrange. L’odeur musquée et forte est presque étouffante ici. Le jeune homme éclaire tant bien que mal l’espace pour mieux distinguer ce qui se trouve dans cette caverne.  Le faisceau lumineux expose six insectes bruns et gros comme des ballons de football qui semblent copuler avec  frénésie!  Les punaises géantes, insectes à demi aveugles, se pénètrent de leurs phallus perforant sans faire la différence entre mâles et femelles. Ca poinçonne partout, perçant le dos, les pattes et même parfois la tête de leurs congénères. Le pénis de ces monstres est long d’une bonne quinzaine de centimètres, dur comme de la pierre et pointu comme un fer de lance! Legul, pétrifié par l’horreur, ne comprend pas vraiment la scène qui se déroule sous ses yeux.  Son corps est parcouru de sueurs froides, il se dit qu’il doit faire volte-face et fuir au plus vite. Ce qu’il voit ne fait aucun sens pour lui et l’effraie au plus haut point. Il veut bouger mais il est paralysé de terreur.

-Legul! Ils arrivent!

Soudain Andrew surgit derrière lui. Il court et bouscule Legul. Celui-ci perd l’équilibre et tombe dans la caverne où se déroule l’incroyable orgie.  Dès qu’il touche le sol rocailleux, une punaise lui bondit sur la jambe. Elle lui transperce le mollet de son sexe et la cuisse de ses mandibules. Le jeune homme hurle de douleur. L’odeur du sang mêlée à leur frénésie sexuelle excite au plus haut point les autres insectes. Très vite, le pauvre est recouvert d’une dizaine de ces monstres. Il se fait mordre à la gorge pendant qu’il se fait transpercer la poitrine. Legul meurt dans un abominable gargouillis. Andrew, témoin de l’horrible scène, est sur le point de vomir. L’odeur et les bruits de choc et de succion lui font tourner la tête. À toute allure il fuit la vison d’épouvante, des punaises géantes bondissant à sa poursuite. L’une d’entre elles atterrit sur son sac à dos, mordant goulûment dans la chair saignante qu’il contient. Le flingueur se débarrasse du sac en continuant sa course effrénée. Il est presque sorti de la grotte. Une ombre obstrue l’étroite cave. Andrew dégaine son revolver et tire. Son tir est impeccable. La balle traverse le crâne de l’homme qui entrait dans le tunnel. Le flingueur percute le corps avant même qu’il ne tombe au sol, le faisant basculer a l’extérieur sous le regard ébahi des trois compagnons du défunt. L’un des hommes tente d’attraper le flingueur mais il interrompt son geste en voyant la horde d’insectes géants surgir de la cave. Andrew court comme un fou, ne regardant pas derrière lui, il fonce au travers de la lande désolée. il entend les cris de surprise et de terreur des hommes derrière lui. Un, puis deux coups de feu retentissent, mais il n’en est heureusement pas la cible. Le jeune homme ne demande pas son reste et poursuit sa course vers l’horizon, vers le ghetto d’Helltown. Il ne saura jamais ce qu’il est advenu de ses poursuivants. Mais le remords de sa maladresse, qui causa la mort de Legul, le hantera pour toujours.

***

Note: Cette courte histoire est très largement inspiré d’un passage du roman de Werber, Le jour des Fourmis.

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